Récupérée à la déchèterie, elle a bien failli être transformée en caisse à outils avec amputation de son empiétement... finalement j'en ai hérité...

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Mon idée première était de la peindre, ou de la lasurer... je l'ai poncée, grattée, fait un petit essai de peinture... juste pour voir... mais le dessus est marqueté... et là ça demandait trop de fignolage, de précision pour peindre dans le sens du bois... j'ai vite nettoyé mon petit essai et finalement je me suis contentée de la cirer. Je garnirai juste l'intérieur avec compartimentage.

Elle est pas mal comme ça... n'est-ce pas ?

A part ce gratouillage, bidouillage, nettoyage... j'ai un peu délaissé fils et aiguilles, je lis.... et viens tout juste de terminer "La Ballade d'Iza" de Magda Szabo, une grande dame des lettres hongroises, qui a obtenu le Prix Femina étranger en 2003

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"Dans sa maison de la campagne hongroise, la vieille Mme Szöcs attend d’aller à l’hôpital : son mari est en train de mourir. Sur place, le vieux Vince, inconscient, ne la reconnaît pas, et sa dernière phrase est destinée à sa fille trop aimée, Iza.

Une fois le père enterré, Iza emmène sa mère à Budapest, dans son appartement. Elle a tout préparé à la perfection, fait le tri entre meubles à garder et à abandonner, arrangé une chambre de manière parfaite, sans demander à Mme Szöcs ni son avis ni ses envies : elle va lui offrir une vie où elle pourra « se reposer ».

Bien sûr, à Budapest, les draps usés et amoureusement raccommodés n’ont pas leur place, les vieux costumes de Vince n’ont rien à faire dans les placards, la bonne Terez fait impeccablement le ménage et la cuisine, quant à Kapitany, a-t-on idée de vouloir emmener un lapin dans un appartement ?

Petit à petit, la fragile vieille dame se pétrifie dans le mutisme dans lequel sa fille l’enferme sans même s’en rendre compte, jusqu’au jour où elle décide de retourner au village pour faire élever une stèle sur la tombe de son mari.

Les personnages qui gravitent autour d’Iza et de sa mère, Antal  - l’ex-mari d’Iza -  Lidia, l’infirmière, Domokos, l’amant d’Iza, apparaissent comme en flash-back, en noir et blanc très contrasté pour faire ressortir la beauté d’Iza mais aussi sa froideur, sa terrible incapacité à s’oublier et à donner, véritablement donner".


 

Un roman bouleversant, pudique, une très belle écriture que je vous recommande vivement.

Dans la foulée je passe à celui-ci "Le Club des Incorrigibles Optimistes de Jean Michel Guenassia, Prix Goncourt des Lycéens 2009... je dois me dépêcher car il me faut le rendre rapidement !!!... 756 p. quand même, les critiques sont unanimes, c'est un excellent livre... Je vous raconterai plus tard...

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"C'est un roman d'adolescence, celle de Michel Marini, 12 ans en 1959, amateur de rock et de baby-foot. Mais Le Club des incorrigibles optimistes est également une chronique sociale sur fond d'Algérie française, de rideau de fer, avec pour héros une poignée d'hommes qui ont fui la Pologne, la Roumanie ou la Russie. Le petit Michel croise Igor, Sacha, Pavel et les autres dans l'arrière-salle du Balto, un café parisien. Avec eux, il découvre les nuances de la vie politique à travers les nostalgiques du socialisme et ceux qui ont coupé le cordon sans se retourner, troquant leurs familles contre une précarité infinie. Dans un coin obscur, deux hommes jouent aux échecs, écrivent, échangent des propos. Ils s'appellent Sartre et Kessel, ont leurs habitudes dans ce bistrot. A l'occasion, les deux intellectuels donnent un coup de main quand les fins de mois sont difficiles pour les exilés de l'Est. Chez le petit Michel non plus, la vie n'est pas bien simple : les parents se déchirent, on parle de guerre, de jeunes qui s'engagent, mais aussi de la Fête de l'Huma et du Parti communiste français.

Jean-Michel Guenassia prend tout son temps pour installer le lecteur dans ce monde où se croisent les destinées les plus complexes et le quotidien du petit Parisien qui fait son apprentissage de la vie. Cette délicate balance entre l'histoire mondiale des années 1960 et la vie sans aspérité de la famille Marini est maintenue, portée et développée de la première à la dernière page. C'est sans doute la principale qualité de ce livre : ne jamais tomber dans la démonstration, préserver le sentiment, la proximité et la structure romanesque. L'éditeur présente Le Club des incorrigibles optimistes comme un premier roman, il semble pourtant que Jean-Michel Guenassia ait déjà publié des fictions policières. Quoi qu'il en soit, cet opus est un beau roman ambitieux qui réussit à brosser le portrait de la France gaulliste à peine relevée de la guerre, ignorant ce qui se passe à deux pas de chez elle, dans la Russie stalinienne".


Bonne lecture !