Suis allée voir une exposition de modélisme cet après midi, beaucoup d'avions de toutes sortes... pas vraiment ma tasse de thé, des figurines historiques, voitures, motos... etc...

Non non ce n'est pas pour tout cela que je me suis déplacée, mais pour le Belem, un trois-mâts barque français, construit en 1896 à Nantes. Restauré il y a une vingtaine d’années, c’est aujourd’hui un navire école qui accueille des stagiaires souhaitant apprendre les techniques traditionnelles de la marine à voile et vivre une expérience unique.

L'histoire du Belem

Plus d'un siècle d'histoire pour ce fameux trois-mâts !

Construit à Nantes en 1896, ce voilier de commerce fréquente les côtes de l'Amérique du Sud et les Antilles. Début mai 1902, le Belem arrive en rade de Saint-Pierre de la Martinique mais sa place est prise par le voilier Tamaya. Le Belem doit aller mouiller au Robert, de l’autre côté de l’île. Ce petit incident va le sauver.

Dès le mois de février 1902, diverses manifestations du volcan "La Montagne Pelée" auraient dû être des signaux d’alarme. Des averses de cendres ont déjà recouvert Saint-Pierre. Les écoles sont fermées depuis le 3 mai. La population attend dans l’inquiétude. Certains prennent la fuite. Préoccupées davantage par l’organisation du deuxième tour des élections législatives qui doit avoir lieu le 11 mai, les autorités s’efforcent de rassurer la population. Le 5 mai, la sucrerie Guérin, à trois kilomètres de la ville, est détruite par une coulée de boue, faisant de nombreuses victimes. Un raz-de-marée s’ensuit sur la rade.

Le 8 mai, à 8 heures, c’est l’anéantissement total de Saint-Pierre. En quelques secondes une énorme masse ardente se précipite sur la ville, la couvre, l’étouffe, l’embrase puis roule sur la mer. Celle-ci est plongée dans l’obscurité. Rien n’est épargné.

Le capitaine du Belem, Chauvelon, était à son bord au havre du Robert lors de la catastrophe quand l’éruption de la Montagne Pelée détruisit Saint-Pierre-de-la-Martinique faisant quarante mille victimes qui périrent étouffées, brûlées, asphyxiées.

De cette tragédie, seuls deux survivront : Léon Compère et le plus connu Louis Auguste Sylbaris, dit Cyparis qui était en prison pour alcoolisme !

Deux trois-mâts français, le Tamaya de Nantes et le Biscaye  ont disparu corps et biens au cours du sinistre  ainsi que d'autres bâtiments et le Belem, qui n’était qu’à  une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau du terrible volcan, put  échapper au désastre. Son pont fut couvert de cendres et de cailloux, son gréement et sa mâture en subirent quelques dommages, l'épaisse couche de poussières volcaniques fut transformée quelques heures plus tard par la pluie torrentielle en une boue caustique et consistante difficile à enlever, aussi dure qu’un mortier.

Les règlements portuaires interdisaient aux capitaines de lever l’ancre sans autorisation. Le 7 mai, un homme pourtant, le capitaine Ferrata, commandant de l’Orsolina, décide de partir. Son bateau est déjà couvert de cendres. Il connait bien les colères du Vésuve et ce qu’il voit l’alarme. Les douanes refusent de le laisser partir et le menacent de lourdes sanctions s’il lève l’ancre malgré tout. Il les quitte en leur répliquant : « Qui me les appliquera ? Demain, vous serez tous morts ! ». Son bateau sera le seul rescapé de ceux qui se trouvaient en rade.

 

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Amarré sur la Seine aux pieds de la Tour Eiffel, c'est là que je l'ai découvert pour la première fois dans les années 1980. Il est venu également régulièrement pour l'Armada de Rouen, c'est le fleuron de notre marine, notre plus grand navire.

Si l'expérience vous tente, sachez que vous pouvez embarquer à son bord pour une navigation exceptionnelle

http://www.fondationbelem.com/presentation_du_belem.htm

 

Racheté en 1914 par le Duc de Wesminster, il est transformé en yacht de luxe. En 1921, devenu propriété du brasseur irlandais Ernest Guinness, il sillonne les mers du globe sous le nom de Fantôme II.

Durant la seconde guerre mondiale, il évite les bombardements en restant sur l'île de Wight, sur la côte sud de l'Angleterre.


Après la seconde guerre mondiale, il part en Italie pour la formation d’apprentis marins. Il retrouve son pavillon français en 1979 et depuis, il continue de naviguer et de faire rêver petits et grands…

 

Ce que j'ai découvert cet après midi, la maquette extraordinaire de ce navire de légende, réalisée  par M. Beaufils, au 1/25ème, en 15 années et 4500 heures de travail !!!!!!

Si vous voulez en savoir davantage sur cette magnifique reproduction, c'est là http://www.aamm.fr/Plans/Belem/Beaufils/belem.htm

 

Quelques chiffres: Hauteur 1,50 m, Longueur 2,50 m, Poids 57 kg

 

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J'espère que cette très jolie maquette sera bientôt exposée dans un musée maritime.